DAUGHN GIBSON – All Hell

Année 2012
Pays États-Unis
Label White Denim
Genre  Scott Walker 2.0

Daughn Gibson est LE mâl(e) incarné, preuve en est la pochette: belle gueule, torse velu, regard fier et arrogant, reboutonnant sa chemise à carreaux devant la glace après avoir honoré madame ou monsieur c’est selon. Qui plus est, il est l’archétype des tant appréciés « bears » (mais sans l’enbompoint) puisqu’outre chauffeur de remorques, il fut accessoirement membre de Pearls and Brass, groupe de stoner rock de Pennsylvanie. Bref des moustaches, du gras et des saucisses.

Passons l’emballage et attardons nous sur la musique et là c’est tout bonnement la claque à peine le vinyle – seulement limité 400 exemplaires – posé (bon je fais genre mais à l’heure où j’écris cette critique, je ne l’ai toujours pas reçu et je me contenterais des mp3s et puis qui vous êtes pour me jugez). Difficile de décrire ce disque, Gibson a le mérite de brasser énormément de genres sans se casser la (belle) gueule: trip hop, country, blues, électronique j’en passe et des meilleurs. Pour être plus imagé, imaginez donc un Scott Walker – dont la filiation avec la voix est tout simplement bluffante – qui aurait piqué la dubstep et les effets vocales de James Blake. D’ailleurs on peut évoquer également un autre Blake, Perry de son prénom puisqu’on a souvent dit de ce dernier que sa musique était un mélange de Scott Walker/Tindersticks et de trip hop. Espérons que Gibson ne finisse pas comme l’irlandais, décevant de disques en disques depuis ses deux traumatisants et maladifs premiers albums (« Perry Blake » en 1998 et « Still Life » en 1999). Parmi les autres influences cités (selon le label) et on sera plus ou moins d’accord là d’ssus: Roy Orbison, Johnny Cash, Lee Hazlewood, Arthur Russell, Magnetic Fields, Nicolas Jaar ou Matthew Dear.

Il y a deux facettes à ce disque, d’un côté les tubes en puissance comme « In the Beginning » (LE titre qui m’a fait rentrer de plein pied dans l’univers de Gibson) avec ses synthés enchanteurs, sa basse vrombissante, ses chœurs féminins, son piano joueur et angélique et surtout cette voix de baryton, de crooner. La complainte « Tiffany Lou » et ses effets vocales à la James Blake, les grandiloquents et déglingués « The Day You Were Born » et « Dandelions » mais surtout l’indéniable très très très (jamais deux sans trois) gros tube « Lookin’ Back On ’99 », une tuerie à faire trémousser ton boule sur le dancefloor. Toutes basses dehors, voix suave, texte désenchanté (« Don’t we love the love we knew / When it’s just an empty glass in the bedroom. »). Ne vous étonnez pas de voir fleurir des tas de remixes dans les mois à venir.

« When the world gets hot / It’s Like ALL HELL / Is taking its time. » (All Hell)

Ça c’était la partie « joyeuse », enfin c’est relatif,  l’autre fesse face de Gibson est beaucoup plus sombre. En effet, cet album porte bien son nom. « All Hell » semble être une sorte de catharsis, une mise en abyme pour un esprit abimé, un disque afin d’exorciser les démons intérieurs de ce cowboy à l’âme torturé. Preuve en est l’introduction « Bad Guys », sorte de mélopée country gothique, les sublimes spleens intimistes que sont « A Young Girl’s World », « Rain On a Highway » ou « Ray » pour finir avec le morceau titre « All Hell » – avec son intro tétanisante – parfaite symbiose de l’album: à la fois sombre à souhait tout en étant ultra catchy.

Et avec tout cela, ce disque ne dépasse guère les trente minutes ! En espérant qu’il y aura une suite à ce coup (de reins) de maître…

Publié le 4 mai 2012, dans Électronique, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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