CRYBABY – Crybaby

Année 2012
Pays Angleterre
Label Helium Records
Genre Crooner dépressif

Avec un tel pseudonyme, on ne peut qu’inévitablement penser au long métrage nostalgique « Cry-Baby » de John Waters se déroulant dans les années 50 avec dans le rôle principal un Johnny Depp qui ne surjouait pas encore dans les films de Tim Burton (OUI vous avez bien lu). Ce doux parfum de nostalgie, on le retrouve donc sur cet album éponyme de Crybaby – Danny Coughlan de son vrai nom – bristolien d’origine ayant la particularité d’être chauve, barbu, portant des grosses lunettes et d’être aussi souriant qu’une porte de prison bref, il cumule tout le pauvre garçon. Ah oui, l’anglais œuvre également dans la pop de crooner dépressif au cœur brisé et là on peut dire qu’on ne peut plus rien pour lui…

« Tell the armies of darkness and the vampires / They have won / They made whores of our daughters and victims of our sons. » (Armies of Darkness)

Certes parfois cliché, suintant la mélancolie et la déception sentimentale, jouant avec le pathos et la fibre lacrymale, cet album aurait pu tomber dans le mielleux et la mièvrerie si ce n’était pas exécuté avec un tel brio, une telle maestria. Digne héritier d’un Morrissey, avec la même intonation de voix, (notamment le titre un brin évocateur « I Cherish the Heartbreak More Than the Love I Lost » ou « Twist of the Knife » et son intro à la Jesus and Mary Chain), convoquant le spectre d’un Roy Orbison (« We’re Supposed to Be in Love », « Shame », « A Misery of Love »), s’inspirant de la splendeur des productions d’un Phil Spector (le tout simplement magnifique « Armies of Darkness » fleurant bon le standard d’antan qu’on écoutait sur un jukebox) mais surtout en étant un sérieux concurrent au très grand Richard Hawley (« When the Lights Go Out », « This Time It’s Over » ou l’incroyable « Veils » et ses sublimes arrangements à cordes semblant tout droit échapper du « Truelove’s Gutter » de ce dernier). Il est clair cependant qu’il n’a pas fait le deuil de cette histoire tumultueuse puisque l’album se termine sur le fataliste « What Am I Supposed to Do Without You Now ? ».

Certains grands disques ont été composés suite à des ruptures amoureuses, celui-ci en fait indéniablement parti. Juste un petit bémol à propos de la pochette, ce recueil de chansons au (dé)goût amer aurait mérité un plus bel écrin qu’un banal « CRYBABY » en 12×12.

Sorte de pendant masculin à Stina Nordenstam – dont la légende voulait qu’elle écrivait un disque après chaque peine de cœur -, on espère secrètement que Danny Coughlan ne connaisse pas le même sort que la suédoise à savoir trouver le bonheur puisque cette dernière n’a plus sortie d’album depuis « The World Is Saved » (titre annonciateur ?) en 2004…

Publié le 18 mai 2012, dans Pop, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Le bonheur des chanteurs, crooners ou non, fera toujours le malheur des auditeurs.

    Cela dit, ces Armies of Darkness sont fort séduisantes sous leur triste dehors. Merci pour la découverte.

    Savais-tu que jadis un groupe appelé Cry Babies sévissait à Orléans ?

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