GARETH DICKSON – Quite a Way Away

Année 2012
Pays Écosse
Label 12k
Genre Nicked Drake

Habituellement défricheur de musique électronique abstraite et minimale, le label brooklynois 12k nous étonne quelque peu avec cette sortie, car même si ce disque propose des passages ambiants et atmosphériques, il épouse avant tout les contours folk des plus acoustiques.

Gareth Dickson aura été trois années durant le guitariste attitré de Vashti Bunyan lors de ses tournées et parallèlement à cela, tribute artist au sobriquet évocateur de Nicked Drake (sic). Nick Drake, une figure tutélaire, une inspiration, une obsession et dont la promiscuité musicale et vocale avec cet écossais est particulièrement troublante ou comme si le compositeur de « Pink Moon » s’était réincarné en lui. Déjà auteur de quatre albums plus ou moins confidentiels, il nous propose avec ce « Quite a Way Away » un précieux recueil de huit pièces musicales à la beauté sépulcrale.

Digne héritier de Bert Jansch, Robert Johnson ou Nick Drake – oui on y reviendra toujours – s’inspirant principalement des ambiances sonores de Brian Eno ou d’Aphex Twin, il dessine avec sa guitare folk acoustique des paysages crépusculaires évoquant à sa manière Labradford ou Gastr Del Sol. On ne peut qu’être impressionné par la virtuosité de son maniement de la six cordes, dont il utilise à merveille les effets reverbs et delays, de son jeu pouvant se montrer délicat comme une caresse ou hésitant de fragilité et de cette beauté cristalline dans les harmonies et les arpèges (« Noon » ou les instrumentaux « Quite a Way Away » et « Happy Easters » ce dernier se révélant tout bonnement sublime).

« Who was here before now ? Was it only you and I all night ? Could’ve sworn there were more now, what is that pale orange light ? When I count there are only you and I. Who was here before now ? Silently waiting. » (Get Together)

Disque dépressif et hanté par le spleen, l’artiste aura eu son lot de malheurs ces dernières années partageant ainsi ses drames personnels, je pense notamment à l’introductif et fascinant « Adrenaline » solennel comme une oraison funèbre ou l’hispanique « Nunca Jamas », certainement une réminiscence de son amour argentine. On retiendra surtout l’intense « Get Together » étouffant, à la limite de la claustrophobie comme happé par un maelström d’émotions, distillant une ambiance des plus maladifs, mais se terminant de manière onirique comme si le cauchemar était terminé. Quant à ce baiser exquis (le magnifique « This Is the Kiss ») et son passage au faux air de sirtaki, il semble en faire une obsession, un moment qu’il espérait sans doute éternel…

« Quite a Way Away » est un long chemin de croix ou plutôt une quête de paix comme en témoigne le dernier titre libérateur « Jonah », personnage imaginaire qui aurait bien pu se nommer Gareth Dickson…

Publié le 31 mai 2012, dans Folk, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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