JUSTIN TIMBERLAKE – The 20/20 Experience

Justin-Timberlake-The-20_20-Experience-2013-1200x1200Année 2013
Pays États-Unis
Label RCA Records
Genre Prince of Pop

Après six mois d’inactivité, voilà que je remets en route ce blog. Temporairement ou régulièrement ? Je ne pourrais pas le dire… Pourtant, terminer avec « Cosmosophy » de Blut aus Nord, à savoir le dernier chapitre de la plus grande trilogie de l’histoire de la création (chronique d’ailleurs relayée par le label Debemur Morti), aurait pu être une belle fin. Pourquoi une aussi longue absence ? Disons qu’il y a un manque d’envie, des problèmes persos, le fait que j’écoute énormément de disques, anciens qui plus est, ce qui m’empêche de me concentrer sur un seul pour en écrire une chronique, mais aussi un début d’année assez morne musicalement et qui me fait regretter l’incroyable millésime 2012 qui semble déjà bien loin. Ainsi comme très grands albums pour ces trois premiers mois, je ne retiendrais que le Funeralium, le Yo La Tengo (groupe rarement décevant me direz vous), le Nicole Willis et le Charles Bradley. Peut-être que j’en parlerais…ou pas.

2013 sera-t-elle l’année de la r’n’b et de la soul ? Car avec le Charles Bradley et le Nicole Willis et en attendant l’arlésienne « James River » de d’Angelo qui risque de mettre tout le monde d’accord (et qualifié ni plus ni moins de « There’s a Riot Goin’ » de sa génération, en référence au chef-d’œuvre de Sly and the Family Stone, par Questlove des Roots.), voilà que débarque le nouvel album de… Justin Timberlake. Oui vous avez bien lu, je ne délire pas. Il est vrai que passer de Blut aus Nord à l’ex-membre des ‘N Sync, ce n’est même plus du grand écart. Quoique. Malgré mon indifférence jusqu’ici pour l’auteur de « Cry Me a River », sûrement dû à son passé boys band, je l’ai toujours trouvé talentueux que ce soit en tant que chanteur/danseur ou acteur. Ce n’est que lorsque l’un de mes contacts Facebook (Ce fameux réseau social diabolique qui permet de faire de belles découvertes, mais aussi de magnifiques rencontres) qui qualifia cet album de « r’n’b progressif » qui m’a mis la puce à l’oreille, mais c’est aussi surtout grâce une personne très chère à mon cœur qui en est absolument fan qui m’ont permis de passer outre ces aprioris et à présent, il tourne en boucle depuis plusieurs jours. Tellement addictif qu’il en vient même à réactiver mon blog donc. Maintenant est-ce que les gardiens des « chapelles du bon goût », que je brûlerais bien, laisseront-ils une chance à ce disque ? Détaillons donc ça un peu plus…

Pour faire simple, « The 20/20 Experience » est un album génial, suintant la classe à tous les niveaux, réussissant l’exploit de mélanger hymnes neo-soul, r’n’b, électro, pop et même dubstep sans que cela en devienne indigeste. Ce qui interpelle déjà ce n’est pas tant sa durée (70 minutes pour dix titres, les précédents duraient respectivement 63 et 66 minutes pour treize et douze titres et pour mémoire, le « Voodoo » de d’Angelo durait 80 minutes), mais plutôt la longueur de ces seulement dix chansons : huit d’entre eux atteignant les 7/8 minutes renvoyant directement au 1999 de Prince, une des influences de Justin Timberlake et dont la structure musicale s’en rapproche. Assez casse gueule me direz-vous, surtout dans une époque moderne désormais formatée, mais toujours épaulé par son compère le génial Timbaland à la prod’, le Kid de Memphis s’affranchit de toutes limites et tire son épingle du jeu en surprenant l’auditeur par la variété et le changement de rythme sur quasiment chacun de ses morceaux évitant ainsi de tomber dans la monotonie qu’aurait pu engendrer leurs longueurs.

À l’heure de la course à l’esbroufe, du concours pour savoir qui a la plus grosse ou du « m’as-tu-vu », Timbaland a voulu faire une production léchée et épurée, évitant les artifices qui sont malheureusement inhérents à « la musique urbaine » (rires) actuelle, retrouvant ainsi la splendeur de la r’n’b d’antan. On peut entendre certes de l’autotune, chose que j’abhorre chez 95% des artistes, sur le premier titre (« Pusher Love Girl ») mais seulement en arrière plan et qui plus est utilisé avec parcimonie. Pour revenir à ce que je disais plus haut à propos de ces fameux changements de tempo, ce morceau inaugural en est le parfait exemple, de la neo-soul lascive pour devenir à partir de la 5éme minute de la dubstep de haute volée. Pareil pour l’hypnotique « Strawberry Bubblegum », magnifique soul mélancolique se transformant au fur et à mesure en bossa nova futuriste. Prise une par une, chaque chanson a une identité forte, de la bombe dancefloor « Tunnel Vision » au groove lancinant de « Spaceship Coupe » en passant par le classieux et efficace tube « Suit & Tie » (avec Jay-Z)  et le raffiné « That Girl » ou comment avec ce morceau, le plus court de l’album (4:50), Justin décide de jouer dans la cour de d’Angelo… Et que dire des phénoménaux « Don’t Hold the Wall », la chanson de l’année, et de « Let the Groove Get In » ? Là où sur le premier, notre maitre de cérémonie nous invite à nous laisser aller sur le dancefloor sur fond de rythmes tribales, le second est tout simplement SON « Don’t Stop ‘Til You Get Enough » et en l’espace de seulement deux titres, c’est comme si la grandiloquence de Michael Jackson perdue depuis belle lurette avant sa mort était retrouvée. Restent également les deux bonus tracks (« Dress On » et « Body Count ») seulement disponibles sur l’édition deluxe, assez dispensables ma foi et peu représentatifs de l’album. A oui, j’oubliais de parler de « Blue Ocean Floor » clôturant sublimement ce disque et aux antipodes de ce qu’il fait habituellement, enfin de ce que je connais, calme, contemplatif, aérien, éthéré et somme tout assez proche de la dream pop et du shoegaze (!).

« If my red eyes don’t see you anymore / And I can’t hear you through the white noise / Just send your heartbeat I’ll go to the blue ocean floor / Where they find us no more » (Blue Ocean Floor)

On a souvent dit de Michael Eugene « D’Angelo » Archer qu’il était le nouveau Prince, notamment pour ses concerts de 2000 égalant ceux du Kid de Minneapolis circa 1985, en tout cas, il va devoir placer la barre très haute avec « James River » car avec cet album (et selon toujours Questlove, un second volume serait en préparation pour novembre : 10 chansons ici, 10 chansons pour le suivant = « 20/20 Experience » donc), Justin Timberlake prouve qu’il est peut-être le seul et digne héritier naturel de Michael Jackson. Oui rien que ça.

Publié le 18 mars 2013, dans R&B, et tagué , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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