JUSTIN TIMBERLAKE – The 20/20 Experience 2 of 2

4947259Année 2013
Pays États-Unis
Label RCA Records
Genre Murder on the dancefloor

Rien n’y fait. Malgré mon amour immense pour Bill Callahan et son sublime dernier LP « Dream River » et sauf surprise exceptionnelle à venir, le « 20/20 Experience » de Justin Timberlake sera bel et bien LE meilleur album de 2013. Il est vrai que cette année est loin d’atteindre l’incroyable qualité de sa devancière de 2012, mais cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté un disque aussi accrocheur et innovateur que celui-ci et près de sept mois après sa sortie, il tourne encore et toujours en boucle sur la platine. Et dire que cet artiste, celui que je considère actuellement comme la plus grande pop star internationale, m’était complètement indifférent il y a encore un an de cela…

Annoncé promptement par Questlove des Roots puis confirmé par JT lui-même ce volume 2, initialement prévu pour novembre puis finalement avancé pour fin septembre, était donc le disque que j’attendais le plus pour cette fin d’année même si une déception pointait prévisiblement son nez puisque la majorité des titres sont des chutes de studio ce qui n’augure rien de bon en général (comme le rappelle le très dispensable « Lost Sirens » de New Order par exemple). Pour faire simple, cet album n’atteint aucunement, ou peut-être par moments, la classe absolue du précèdent, ce qu’il ne veut pas dire qu’il est mauvais loin de là. Celui-ci se veut beaucoup plus dancefloor et entertainer et sonne définitivement comme une prod’ labellisée Timbaland, qui est donc toujours aux commandes, avec ses beats clinquants et reconnaissables entre mille qu’il avait quelque peu délaissé sur le volume 1.

C’est ainsi que les premiers extraits ont été dévoilés au fur et à mesure à travers les différents réseaux sociaux, outils que raffole Timberlake afin de faire sa promotion, tel que « Take Back the Night » durant cet été (assez proche des premiers albums solo de Michael Jackson période Quincy Jones/Epic) ou « TKO », une semaine avant la sortie du disque, au groove boombastic et revenant à cette obsession pour le corps féminin de par ses allusions équivoques (« She Kill me with the coo-coochie-coochie-coo » comme le scande Timbaland durant l’intro), thème récurrent sur « Futuresex/Lovesounds » (2006) et que ce volume 2 se veut être une suite directe. Preuve en sont par exemple l’efficace « Murder » (avec Jay-Z de nouveau de retour après « Suit & Tie »), « Cabaret » (avec Drake en featuring) ou le monumental « True Blood », et ses sonorités orientalisantes et ses samples semblant tout droit sortis de « Thriller » de qui vous savez, comme une relecture de « Sexyback », mais en encore plus addictif (si si). Le point commun de ces titres est que Justin Timberlake associe étonnamment et inévitablement attirances sexuelles et désirs violents (« TKO », « Murder », « True Blood » c’est assez évocateur). Pas intellectualisation de ma part, mais c’est un détail qui n’intéresserait guère les journaux mainstream puisque la presse indie snobe ce genre de disque (les cons). A noter également l’excellent « You Got It On », jumeau neo-soul de « That Girl » du précédent opus.

« So come on and leave me cause the deeper you take me the better / You killin’ me softly but we can go as hard as you want to / Bed’s way under the ground, under the ground / And I’ll be down and throw it at that level » (Murder)

Mais alors en quoi ce volume serait-il inférieur au premier si il n’y a pour l’instant que des points positifs ? Déjà un manque flagrant d’unité dans le déroulement des titres inhérent aux albums de chutes de studios, ce qui confirme qu’il aurait été judiciable de laisser sa sortie initiale à novembre afin de peaufiner le disque qui traine également quelquefois par sa longueur, chose que l’on ne ressentait pas sur le précédent qui était pourtant aussi long. Je pense notamment au plutôt bon « Amnesia » et son final assez ringard, plutôt malvenu voire inutile ou « Not a Bad Thing » sympathique, mais tellement bateau qu’il souffre de son statut de face B. Et puis que dire de « Drink You Away » et « Pair of Wings » que je considère comme les pires chansons du répértoire de Justin Timberlake ? Le premier, sorte de country où JT énumère diverses boissons alcoolisées, m’est complètement insupportable et n’atteint pas une once la classe d’un « Pusher Love Girl » qui lorgnait à peu près sur le même thème (où il citait différentes drogues afin de parler de son addiction/affection). Quant au deuxième, il s’agit du morceau caché après « Not a Bad Thing » entièrement à la guitare acoustique aux paroles affreusement gnangnan. C’en est presque gênant. Ce qui pouvait être compréhensible en 2002 sur « Justified » ou passable en 2006 avec « Futuresex/Lovesounds » est inexcusable en 2013 surtout après un disque aussi abouti et mature que « The 20/20 Experience ». Néanmoins restent l’inaugural « Gimme What I Don’t Know (I Want) » et « Only When I Walk Away » qui démontrent une fois de plus que Justin Timberlake est le seul prétendant valable au trône laissé vacant par Michael Jackson. Le second titre cité ayant d’ailleurs de fortes réminiscences de « Dirty Diana » avec un final raggamufin totalement ébouriffant qui aurait sans doute mérité d’être un peu plus développer.

Malgré ses faiblesses avérées, ce volume 2 est n’en reste pas moins excellent, addictif et surtout complémentaire du précédent. Un disque qui revient assez souvent sur la platine, mais pas autant que le volume 1, grâce à ses nombreuses qualités que pour ces quelques défauts. Ah si toutes les chutes de studios pouvaient être aussi bons que ça hein !

Publié le 9 octobre 2013, dans R&B, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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