VILOSOPHE – I Was Never Free I Was Chosen

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La sortie imminente d’un nouvel opus de Manes – chose que l’on pensait inespérée il y a encore un an de cela – me renvoie inévitablement au souvenir de la découverte de ce disque qui restera à jamais comme l’un des événements les plus importants qui me soient arrivé dans la vie (entre mon premier baiser ou mes deux voyages au Cambodge, vous voyez le genre), et qui est si gravé en moi que j’ai depuis pris le titre de cet album comme pseudo sur les internets, oui je parle bien entendu de « Vilosophe », ce fameux sobriquet qui inspire autant l’envie, la crainte, la jalousie ou le désir charnel…

Entre 2003 et 2007 (année de sa fermeture définitive), j’avais pour l’habitude de traîner chez Dysphorie, une sorte de QG pour beaucoup de personnes puisqu’il s’agissait du seul disquaire spécialisé metal extrême sur Paris et à cette époque, j’étais assez fasciné par tout ce qui touchait de près ou de loin au black metal dit « progressif » dû à une passion immodérée pour Ulver (amour qui s’est quelque peu étiolée avec le temps), et j’y demandais souvent des recommandations auprès des deux très sympathiques gérants. Un samedi l’un d’eux me dit: « Tiens tu devrais essayer Manes, je pense que ça te plaira ». Là je tente de me souvenir de ce groupe : des norvégiens, auteurs d’un excellent album de BM symphonique (« Under ein blodraud maane » en 1999) et une promo dans le magazine Metallian décrivant « Vilosophe comme une session entre Katatonia, Radiohead et Aphex Twin » (bon ça fait pas trop envie dis comme ça). J’insère le cd dans leur platine et mets le casque, j’apprécie le premier titre même s’il ne me marque pas aux premiers abords cependant et vu le peu de temps que j’avais devant moi, je décide dans la précipitation d’acheter le disque et puis j’me dis de toute manière que Dysphorie a toujours été de bon conseil à mon égard.

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L’objet du délit : le cd digipak qui a bien tourné ces dix dernières années… (2003/Code666)

Je rentre finalement chez moi, mets l’album dans ma chaine hi-fi et l’écoute d’une traite. Une fois terminé, sur le moment, je n’ai pas du tout compris ce qui s’était passé. J’étais juste K.O. et hagard : je venais de recevoir de plein fouet l’un des plus grands chocs émotionnel de ma vie. Comment en ai-je pu arriver là ? Moi qui n’était à l’époque qu’un jeune éphèbe asiatique imberbe, sans casier judiciaire, qui ne buvait pas, qui ne fumait pas, qui ne se droguait pas et qui votait républicain (en passant « je n’ai pas changé » comme le chantait l’ancien gardien du Real Madrid) je l’ai pas vu venir.

Pourtant, comme dit plus haut, le premier morceau semble « presque » anodin – notez bien le presque avec les guillemets hein – mais il y a un dans ce « Nodamnbrakes » un côté terriblement insidieux et accrocheur dû aux riffs « diaboliques » des deux guitares, de sa batterie millimétrée et le tout sur fond de samples de cris horrifiés néanmoins, rien ne laissait présager ce qui allait venir avec « Diving With Your Hands Bound [Nearly Flying]« . Ce titre de plus de dix minutes synthétise peut-être à lui seul la musique de Manes : un rock épique et sombre, teinté d’électronique où se mêlent spleen, émotion à fleur de peau et romantisme exacerbé. Ainsi le morceau débute calmement avec des nappes de synthés atmosphériques et une rythmique métronomique, le chanteur y chuchote une promesse à sa bien-aimée : il l’a rejoindra bientôt.

« Alone with the woods and the moon. Now it’s time, I’ll be joining you soon. Alone now you’re here by my side. Don’t run from me, don’t hide. Alone I’ve been searching everywhere. Now I’ve given up, you and me. Alone… Alone… Alone… Alone… Alone… Alone… »

À peine s’est-t-on habitué à cette ambiance des plus cotonneuses que tout bascule à partir de 3:30, on ne s’y attend pas et on est pris en traître, c’est comme si votre cœur s’était décidé d’arrêter de battre en un instant, car arrivent sans crier gare un déferlement de guitares lourdes qui au fur et à mesure de cette lente montée en tension deviennent de plus en plus hypnotiques en même temps qu’une émotion s’élevant crescendo suivie par une explosion de larsens assourdissants avant de se terminer par des boucles de synthés infinies, comme si vous deviez re-vivre contemplativement et avec du recul ce titre une seconde fois, ou cette impression de prendre la mesure de ce qui vient de se passer…

« You and I ? You and I for Everyone… »

Au-delà des textes qui peuvent s’avérer énigmatiques (beaucoup y sont allés de leurs propres interprétations), ce qu’il y a de fascinant chez le chanteur c’est qu’il utilise son organe vocal pas de manière traditionnelle, mais plutôt comme un instrument à part entière, à un point qu’on a d’ailleurs parfois du mal à différencier son chant à la musique. Le meilleur exemple étant « White Devil Black Shroud », morceau ultra dépouillé, déchirant et à fleur de peau, où avec une justesse incroyable, les trémolos de sa voix accompagne quelques lignes de guitares cristallines par-ci, une batterie et des synthés par-là (ces deux instruments étant rajoutés au fil du chemin de croix de cet homme) :

« Of course I love her. She’s all I need.
You know I can’t feel. You know I can’t love »

Ce tryptique initiatique (enfin je ne sais pas si cela en est un, je l’ai toujours identifié ainsi) se conclut justement avec « Terminus a Quo / Terminus ad Quem » aux paroles tout aussi obscures – « We need to glitter it seems with elegance and grace. Glitter and glow with a beautiful face » ? –  et son introduction à la guitare acoustique suivis de moments intenses à la rage contenue, et atteignant son point culminant entre 2:00 et 3:20. Il va sans dire que j’ai été pendant très longtemps obsédé, et le mot est faible, par ce passage à la tristesse ambiante, c’est simple, certains artistes recherchent toute leur vie la grâce atteinte sur ces 80 secondes…

Complètement estomaqué, la suite aurait pu être éclipsé parce ce que l’on vient d’assister, mais les norvégiens s’en sortent avec maestria puisqu’au final, aucun titre ne ressemble véritablement à un autre sur ce disque. Ainsi l’étonnant « The Death of the Genuine » [The Redemption Ritual]« , hymne expiateur et incantatoire, se distingue par sa rythmique drum n’ bass et ses guitares lourdes – encore une fois – joués de manière si métronomiques et si syncopées que l’on croirait des beats (dégueulasse…) électros. L’album se concluant en deux actes indissociables, le bien nommé « Ende », mélodieux et classieux avec ses envolées au saxophone (instrument très utilisé dans le metal extrême norvégien au final) et « The Hardest of Comedowns », définitif et sur le fil du rasoir, ou comme si la vie du groupe dépendait de chaque note jouée. L’outro « Confluence [The Vilosophe Crux] » est en réalité un tétanisant monologue provenant du film d’horreur allemand « Der Todesking » contrastant TOTALEMENT avec la beauté de l’album (ce qui n’enlève rien à sa qualité bien entendu). Encore aujourd’hui et malgré les centaines et centaines d’écoutes et ce depuis plus de dix ans, j’ai toujours du mal avec ce final qui me rend mal à l’aise quasiment à chaque fois…

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Rééditon vinyle : 400 en noir et 100 en rouge/blanc. Bien évidemment, j’ai les deux pressages en ma possession… (2010/Kneel Before The Master’s Throne Records)

Si j’ai préféré ne pas développer la fin du disque ce n’est pas par manque d’inspiration ou de peur de la page blanche (ayant toujours clamé haut et fort que j’en consacrerais un chapitre si j’écrivais une biographie !), mais au final à quoi cela servirait-il ? J’ai souvent trouvé vain cette tendance à vouloir détailler un album titre par titre : exercice parfois contreproductif, souvent maladroit, mais cependant et généralement sincère. Il est incompréhensible voire même injuste que « Vilosophe » soit si méconnu (aussi merveilleux est ce disque, les gens se mettent souvent des œillères lorsqu’on leur dit que c’est du metal) et l’on voudrait le faire partager aux plus de gens possible, du moins ceux qui ne sont pas trop allergiques aux guitares jouées par des chevelus. Il y a cependant un sentiment ambivalent, le découvrir est une expérience intime et à part entière et en réalité, on a presque envie de garder ce disque égoïstement pour soi.

Ainsi et suite à ma première écoute, je me suis immédiatement empressé de le repasser : une fois, deux fois, trois fois… dix fois, vingt fois… trente fois… En tout et pour tout, je pense l’avoir écouté entre 40 et 50 fois d’affilé durant tout ce week-end et ce en restant cloitré dans ma chambre. Je n’arrivais pas à y croire, je n’avais jamais été autant obnubilé par un disque – et je n’ai d’ailleurs plus eu ce genre de réaction par la suite –  j’avais l’impression d’être ces héros de bd ou de films auquels je m’étais souvent identifié et qui étaient attachés viscéralement à un objet fétiche…

Tel un illuminé, je parlais – que dis-je prêchais – les bienfaits thérapeutiques de cet album auprès de plusieurs amis proches, et tous m’ont remerciés par la suite de leur avoir fait découvrir, l’un d’entre eux m’avouera même que « ce disque lui avait sauvé la vie… ». Le destin a voulu que je revois il y a 3-4 ans de cela, les deux ex-gérants de Dysphorie venus acheter un frigo à l’endroit où je bosse. En effet suite à la fermeture de leur boutique (crise de l’industrie du disque tout ça quoi), ils ont décidé de se consacrer à leur deuxième grande passion : le vin (!) et d’ouvrir en 2008 une cave/bar à vins qui a pas mal de succès et c’est tant mieux pour eux. Je m’étais juré d’y passer un jour, mais n’y connaissant rien et ne buvant pas d’une goutte d’alcool, je ne sais pas quand je pourrais tenir ma promesse. Au cas si vous êtes intéressés (http://www.lesbabines.fr/), je suis sur et certain qu’ils seront de bon conseil dans ce domaine – non c’est pas une publicité déguisée dans ma chronique hein – comme ils l’ont été en musique.

Une décennie est passée depuis que j’ai découvert cet album de perdants magnifiques. Sur ces dix années, j’en ai écouté des milliers d’autres, mais aucun d’aussi viscéral que celui-ci, il agit comme un feu ardent à l’intérieur qui me maintient en vie. Durant tout ce temps, il aura rythmé mon existence : j’ai connu des joies et des peines, j’ai pleuré et j’ai eu la rage sur ce disque, mais surtout : « Vilosophe » est un disque qui donne envie d’aimer et vous fait sentir vivant.

MAYHEM – Esoteric Warfare

Mayhem-Esoteric-Warfare-800x800Année 2014
Pays Norvège
Label Season of Mist
Genre This is for her, War!

(A la base, j’avais initialement écrit ce texte pour Facebook puisque je suis beaucoup plus actif sur les réseaux sociaux que sur ce blog – que je n’ai jamais déclaré mort en passant et ce même si j’avais en préparation un dossier sur Kanye West qui ne verra jamais sans doute le jour, enfin on ne sait jamais, pour cause de fainéantise aiguë – et puis je me suis dit que ça faisait une belle chronique afin de réactiver ce site..)

1984 : Création de Mayhem
1994 : De Mysteriis dom Sathanas
2004 : Chimera
2014 : Esoteric Warfare

Coïncidant avec les trente ans du groupe – miraculeux au vu des morts et des controverses qu’il y a autour – que pensait de ce nouvel opus de Mayhem ? Chaque parution d’un disque des norvégiens est toujours un événement en soi (ou comment créer une aura légendaire en ayant sorti QUE cinq albums studios en trois décennies), cependant, je dois avouer n’avoir guère été convaincu par les premiers extraits, mais difficile de juger sur la foi de deux titres écoutés à la vite et c’est donc avec une certaine appréhension que j’attendais sa sortie.

Successeur du monumental « Ordo ad Chao » paru en 2007 (qui marquait le retour d’Attila Csihar aux affaires), ce nouvel opus est tout aussi désincarné que le précédent, mais avec une production plus claire et limpide et proposant un black metal martial et froid. De par son thème, la guerre, « Esoteric Warfare » se rapprocherait surtout du très controversé « Grand Declaration of War » paru en 2000.

On reconnait aisément « la patte Mayhem » par ces instrus déstructurées et alambiquées, de ces moments « d’accalmie » accompagnés de la voix d’Attila avant de finir la plupart du temps en déluge de folie, de brutalité et de solis de guitares. Selon certains dires, ce disque a été écrit pour une seule guitare et qu’il prendrait toute son ampleur en vinyle (j’attends de recevoir ma copie pour confirmer) et surtout en live. Le hongrois a souvent eu à fort à faire auprès de détracteurs – qui sont souvent des nostalgiques de Dead – au sujet de sa prestation sur « De Mysteriis dom Sathanas », (plus grand album de black metal de l’histoire dois-je le rappeler ?) or, sa grande force réside dans sa capacité d’adaptation et de son registre vocal, sachant parfaitement quel timbre de voix utilisé pour les différents projets où il est associé et de mémoire, je ne me souviens pas d’un mauvais disque (ou c’est les autres autour qui ne sont pas bons) auquel il aurait prêté sa voix et « Esoteric Warfare » se rajoute donc à cette longue liste. Il éructe, il hurle, il psalmodie et à l’heure où certains se paluchent sur le chant d’untel, il est bon ton de se rappeler qu’Attila est sans nul doute LE meilleur chanteur metal extrême actuellement (et ce à un tel point que Diamanda Galás la considère comme un égal).

Ce disque a-t-il des défauts ? Oui, car là où « Ordo ad Chao » se faisait remarquer par une production carrément lo-fi (Hellhammer déclara à l’époque: « the production sounds necro as fuck, but that’s the way we wanted it – this time. It represents Mayhem today ») et ses influences « SunnO)))esque » (dû à l’implication d’Attila chez ces derniers), il manque à cet album une ligne directrice et une identité propre afin de se démarquait de la scène black metal – qui est aujourd’hui à 80% moribonde – et les mauvaises langues diront que s’il n’était pas sorti sous le nom de Mayhem, ce disque serait passé inaperçu. « Esoteric Warfare » aurait sans doute dû être plus concis avec moins de titres et un peu plus de longueur, il n’en reste pas moins un excellent album qui s’apprécie au fur et à mesure des écoutes.

A la fois exaspérant et passionnant, que l’on aime ou que l’on déteste le groupe, un disque de Mayhem ne laissera jamais personne indifférent…

JUSTIN TIMBERLAKE – The 20/20 Experience 2 of 2

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Pays États-Unis
Label RCA Records
Genre Murder on the dancefloor

Rien n’y fait. Malgré mon amour immense pour Bill Callahan et son sublime dernier LP « Dream River » et sauf surprise exceptionnelle à venir, le « 20/20 Experience » de Justin Timberlake sera bel et bien LE meilleur album de 2013. Il est vrai que cette année est loin d’atteindre l’incroyable qualité de sa devancière de 2012, mais cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté un disque aussi accrocheur et innovateur que celui-ci et près de sept mois après sa sortie, il tourne encore et toujours en boucle sur la platine. Et dire que cet artiste, celui que je considère actuellement comme la plus grande pop star internationale, m’était complètement indifférent il y a encore un an de cela…

Annoncé promptement par Questlove des Roots puis confirmé par JT lui-même ce volume 2, initialement prévu pour novembre puis finalement avancé pour fin septembre, était donc le disque que j’attendais le plus pour cette fin d’année même si une déception pointait prévisiblement son nez puisque la majorité des titres sont des chutes de studio ce qui n’augure rien de bon en général (comme le rappelle le très dispensable « Lost Sirens » de New Order par exemple). Pour faire simple, cet album n’atteint aucunement, ou peut-être par moments, la classe absolue du précèdent, ce qu’il ne veut pas dire qu’il est mauvais loin de là. Celui-ci se veut beaucoup plus dancefloor et entertainer et sonne définitivement comme une prod’ labellisée Timbaland, qui est donc toujours aux commandes, avec ses beats clinquants et reconnaissables entre mille qu’il avait quelque peu délaissé sur le volume 1.

C’est ainsi que les premiers extraits ont été dévoilés au fur et à mesure à travers les différents réseaux sociaux, outils que raffole Timberlake afin de faire sa promotion, tel que « Take Back the Night » durant cet été (assez proche des premiers albums solo de Michael Jackson période Quincy Jones/Epic) ou « TKO », une semaine avant la sortie du disque, au groove boombastic et revenant à cette obsession pour le corps féminin de par ses allusions équivoques (« She Kill me with the coo-coochie-coochie-coo » comme le scande Timbaland durant l’intro), thème récurrent sur « Futuresex/Lovesounds » (2006) et que ce volume 2 se veut être une suite directe. Preuve en sont par exemple l’efficace « Murder » (avec Jay-Z de nouveau de retour après « Suit & Tie »), « Cabaret » (avec Drake en featuring) ou le monumental « True Blood », et ses sonorités orientalisantes et ses samples semblant tout droit sortis de « Thriller » de qui vous savez, comme une relecture de « Sexyback », mais en encore plus addictif (si si). Le point commun de ces titres est que Justin Timberlake associe étonnamment et inévitablement attirances sexuelles et désirs violents (« TKO », « Murder », « True Blood » c’est assez évocateur). Pas intellectualisation de ma part, mais c’est un détail qui n’intéresserait guère les journaux mainstream puisque la presse indie snobe ce genre de disque (les cons). A noter également l’excellent « You Got It On », jumeau neo-soul de « That Girl » du précédent opus.

« So come on and leave me cause the deeper you take me the better / You killin’ me softly but we can go as hard as you want to / Bed’s way under the ground, under the ground / And I’ll be down and throw it at that level » (Murder)

Mais alors en quoi ce volume serait-il inférieur au premier si il n’y a pour l’instant que des points positifs ? Déjà un manque flagrant d’unité dans le déroulement des titres inhérent aux albums de chutes de studios, ce qui confirme qu’il aurait été judiciable de laisser sa sortie initiale à novembre afin de peaufiner le disque qui traine également quelquefois par sa longueur, chose que l’on ne ressentait pas sur le précédent qui était pourtant aussi long. Je pense notamment au plutôt bon « Amnesia » et son final assez ringard, plutôt malvenu voire inutile ou « Not a Bad Thing » sympathique, mais tellement bateau qu’il souffre de son statut de face B. Et puis que dire de « Drink You Away » et « Pair of Wings » que je considère comme les pires chansons du répértoire de Justin Timberlake ? Le premier, sorte de country où JT énumère diverses boissons alcoolisées, m’est complètement insupportable et n’atteint pas une once la classe d’un « Pusher Love Girl » qui lorgnait à peu près sur le même thème (où il citait différentes drogues afin de parler de son addiction/affection). Quant au deuxième, il s’agit du morceau caché après « Not a Bad Thing » entièrement à la guitare acoustique aux paroles affreusement gnangnan. C’en est presque gênant. Ce qui pouvait être compréhensible en 2002 sur « Justified » ou passable en 2006 avec « Futuresex/Lovesounds » est inexcusable en 2013 surtout après un disque aussi abouti et mature que « The 20/20 Experience ». Néanmoins restent l’inaugural « Gimme What I Don’t Know (I Want) » et « Only When I Walk Away » qui démontrent une fois de plus que Justin Timberlake est le seul prétendant valable au trône laissé vacant par Michael Jackson. Le second titre cité ayant d’ailleurs de fortes réminiscences de « Dirty Diana » avec un final raggamufin totalement ébouriffant qui aurait sans doute mérité d’être un peu plus développer.

Malgré ses faiblesses avérées, ce volume 2 est n’en reste pas moins excellent, addictif et surtout complémentaire du précédent. Un disque qui revient assez souvent sur la platine, mais pas autant que le volume 1, grâce à ses nombreuses qualités que pour ces quelques défauts. Ah si toutes les chutes de studios pouvaient être aussi bons que ça hein !