MAYHEM – ESOTERIC WARFARE

Mayhem-Esoteric-Warfare-800x800Année 2014
Pays Norvège
Label Season of Mist
Genre This is for her, War!

(A la base, j’avais initialement écrit ce texte pour Facebook puisque je suis beaucoup plus actif sur les réseaux sociaux que sur ce blog – que je n’ai jamais déclaré mort en passant et ce même si j’avais en préparation un dossier sur Kanye West qui ne verra jamais sans doute le jour, enfin on ne sait jamais, pour cause de fainéantise aiguë – et puis je me suis dit que ça faisait une belle chronique afin de réactiver ce site..)

1984 : Création de Mayhem
1994 : De Mysteriis dom Sathanas
2004 : Chimera
2014 : Esoteric Warfare

Coïncidant avec les trente ans du groupe – miraculeux au vu des morts et des controverses qu’il y a autour – que pensait de ce nouvel opus de Mayhem ? Chaque parution d’un disque des norvégiens est toujours un événement en soi (ou comment créer une aura légendaire en ayant sorti QUE cinq albums studios en trois décennies), cependant, je dois avouer n’avoir guère été convaincu par les premiers extraits, mais difficile de juger sur la foi de deux titres écoutés à la vite et c’est donc avec une certaine appréhension que j’attendais sa sortie.

Successeur du monumental "Ordo ad Chao" paru en 2007 (qui marquait le retour d’Attila Csihar aux affaires), ce nouvel opus est tout aussi désincarné que le précédent, mais avec une production plus claire et limpide et proposant un black metal martial et froid. De par son thème, la guerre, "Esoteric Warfare" se rapprocherait surtout du très controversé "Grand Declaration of War" paru en 2000.

On reconnait aisément "la patte Mayhem" par ces instrus déstructurées et alambiquées, de ces moments "d’accalmie" accompagnés de la voix d’Attila avant de finir la plupart du temps en déluge de folie, de brutalité et de solis de guitares. Selon certains dires, ce disque a été écrit pour une seule guitare et qu’il prendrait toute son ampleur en vinyle (j’attends de recevoir ma copie pour confirmer) et surtout en live. Le hongrois a souvent eu à fort à faire auprès de détracteurs – qui sont souvent des nostalgiques de Dead – au sujet de sa prestation sur "De Mysteriis dom Sathanas", (plus grand album de black metal de l’histoire dois-je le rappeler ?) or, sa grande force réside dans sa capacité d’adaptation et de son registre vocal, sachant parfaitement quel timbre de voix utilisé pour les différents projets où il est associé et de mémoire, je ne me souviens pas d’un mauvais disque (ou c’est les autres autour qui ne sont pas bons) auquel il aurait prêté sa voix et "Esoteric Warfare" se rajoute donc à cette longue liste. Il éructe, il hurle, il psalmodie et à l’heure où certains se paluchent sur le chant d’untel, il est bon ton de se rappeler qu’Attila est sans nul doute LE meilleur chanteur metal extrême actuellement (et ce à un tel point que Diamanda Galás la considère comme un égal).

Ce disque a-t-il des défauts ? Oui, car là où "Ordo ad Chao" se faisait remarquer par une production carrément lo-fi (Hellhammer déclara à l’époque: "the production sounds necro as fuck, but that’s the way we wanted it – this time. It represents Mayhem today") et ses influences "SunnO)))esque" (dû à l’implication d’Attila chez ces derniers), il manque à cet album une ligne directrice et une identité propre afin de se démarquait de la scène black metal – qui est aujourd’hui à 80% moribonde – et les mauvaises langues diront que s’il n’était pas sorti sous le nom de Mayhem, ce disque serait passé inaperçu. "Esoteric Warfare" aurait sans doute dû être plus concis avec moins de titres et un peu plus de longueur, il n’en reste pas moins un excellent album qui s’apprécie au fur et à mesure des écoutes.

A la fois exaspérant et passionnant, que l’on aime ou que l’on déteste le groupe, un disque de Mayhem ne laissera jamais personne indifférent…

JUSTIN TIMBERLAKE – The 20/20 Experience 2 of 2

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Pays États-Unis
Label RCA Records
Genre Murder on the dancefloor

Rien n’y fait. Malgré mon amour immense pour Bill Callahan et son sublime dernier LP "Dream River" et sauf surprise exceptionnelle à venir, le "20/20 Experience" de Justin Timberlake sera bel et bien LE meilleur album de 2013. Il est vrai que cette année est loin d’atteindre l’incroyable qualité de sa devancière de 2012, mais cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté un disque aussi accrocheur et innovateur que celui-ci et près de sept mois après sa sortie, il tourne encore et toujours en boucle sur la platine. Et dire que cet artiste, celui que je considère actuellement comme la plus grande pop star internationale, m’était complètement indifférent il y a encore un an de cela…

Annoncé promptement par Questlove des Roots puis confirmé par JT lui-même ce volume 2, initialement prévu pour novembre puis finalement avancé pour fin septembre, était donc le disque que j’attendais le plus pour cette fin d’année même si une déception pointait prévisiblement son nez puisque la majorité des titres sont des chutes de studio ce qui n’augure rien de bon en général (comme le rappelle le très dispensable "Lost Sirens" de New Order par exemple). Pour faire simple, cet album n’atteint aucunement, ou peut-être par moments, la classe absolue du précèdent, ce qu’il ne veut pas dire qu’il est mauvais loin de là. Celui-ci se veut beaucoup plus dancefloor et entertainer et sonne définitivement comme une prod’ labellisée Timbaland, qui est donc toujours aux commandes, avec ses beats clinquants et reconnaissables entre mille qu’il avait quelque peu délaissé sur le volume 1.

C’est ainsi que les premiers extraits ont été dévoilés au fur et à mesure à travers les différents réseaux sociaux, outils que raffole Timberlake afin de faire sa promotion, tel que "Take Back the Night" durant cet été (assez proche des premiers albums solo de Michael Jackson période Quincy Jones/Epic) ou "TKO", une semaine avant la sortie du disque, au groove boombastic et revenant à cette obsession pour le corps féminin de par ses allusions équivoques ("She Kill me with the coo-coochie-coochie-coo" comme le scande Timbaland durant l’intro), thème récurrent sur "Futuresex/Lovesounds" (2006) et que ce volume 2 se veut être une suite directe. Preuve en sont par exemple l’efficace "Murder" (avec Jay-Z de nouveau de retour après "Suit & Tie"), "Cabaret" (avec Drake en featuring) ou le monumental "True Blood", et ses sonorités orientalisantes et ses samples semblant tout droit sortis de "Thriller" de qui vous savez, comme une relecture de "Sexyback", mais en encore plus addictif (si si). Le point commun de ces titres est que Justin Timberlake associe étonnamment et inévitablement attirances sexuelles et désirs violents ("TKO", "Murder", "True Blood" c’est assez évocateur). Pas intellectualisation de ma part, mais c’est un détail qui n’intéresserait guère les journaux mainstream puisque la presse indie snobe ce genre de disque (les cons). A noter également l’excellent "You Got It On", jumeau neo-soul de "That Girl" du précédent opus.

"So come on and leave me cause the deeper you take me the better / You killin’ me softly but we can go as hard as you want to / Bed’s way under the ground, under the ground / And I’ll be down and throw it at that level" (Murder)

Mais alors en quoi ce volume serait-il inférieur au premier si il n’y a pour l’instant que des points positifs ? Déjà un manque flagrant d’unité dans le déroulement des titres inhérent aux albums de chutes de studios, ce qui confirme qu’il aurait été judiciable de laisser sa sortie initiale à novembre afin de peaufiner le disque qui traine également quelquefois par sa longueur, chose que l’on ne ressentait pas sur le précédent qui était pourtant aussi long. Je pense notamment au plutôt bon "Amnesia" et son final assez ringard, plutôt malvenu voire inutile ou "Not a Bad Thing" sympathique, mais tellement bateau qu’il souffre de son statut de face B. Et puis que dire de "Drink You Away" et "Pair of Wings" que je considère comme les pires chansons du répértoire de Justin Timberlake ? Le premier, sorte de country où JT énumère diverses boissons alcoolisées, m’est complètement insupportable et n’atteint pas une once la classe d’un "Pusher Love Girl" qui lorgnait à peu près sur le même thème (où il citait différentes drogues afin de parler de son addiction/affection). Quant au deuxième, il s’agit du morceau caché après "Not a Bad Thing" entièrement à la guitare acoustique aux paroles affreusement gnangnan. C’en est presque gênant. Ce qui pouvait être compréhensible en 2002 sur "Justified" ou passable en 2006 avec "Futuresex/Lovesounds" est inexcusable en 2013 surtout après un disque aussi abouti et mature que "The 20/20 Experience". Néanmoins restent l’inaugural "Gimme What I Don’t Know (I Want)" et "Only When I Walk Away" qui démontrent une fois de plus que Justin Timberlake est le seul prétendant valable au trône laissé vacant par Michael Jackson. Le second titre cité ayant d’ailleurs de fortes réminiscences de "Dirty Diana" avec un final raggamufin totalement ébouriffant qui aurait sans doute mérité d’être un peu plus développer.

Malgré ses faiblesses avérées, ce volume 2 est n’en reste pas moins excellent, addictif et surtout complémentaire du précédent. Un disque qui revient assez souvent sur la platine, mais pas autant que le volume 1, grâce à ses nombreuses qualités que pour ces quelques défauts. Ah si toutes les chutes de studios pouvaient être aussi bons que ça hein !

BILL CALLAHAN – The Last Cowboy on Earth

La sortie d’un nouvel opus du gars anciennement connu sous l’entité de Smog est toujours un événement. Je considère en effet Billou (oui après tant d’années passées à maugréer nos maux en commun j’ai le droit de l’appeler ainsi), comme l’artiste le plus important de ces vingt dernières années, qualification certes honorifique s’il en est, car souvent galvaudé, mais jamais justifié. Cependant, le constat s’impose: d’un côté, certains nouveaux venus sont de manière incompréhensible désignés comme de -pâles- hérauts de la scène folk, de l’autre, les héros d’antan s’enlisent de disque en disque dans la médiocrité (Qui a dit Will Oldham ?). Et au milieu coule une rivière. Un album de Bill Callahan, c’était autrefois l’attente palpable de retrouver l’amertume lorsqu’il officiait sous un pseudonyme, c’est à présent l’apaisement que l’on trouve depuis qu’il sort ses disques sous son véritable nom. Donc au lieu de faire une simple chronique de son dernier opus, le magnifique, le monumental, le mirobolant "Dream River" (j’y reviendrais plus en détail à la fin), j’ai décidé de faire une rétrospective non exhaustive de la carrière du "dernier cowboy sur terre". So let’s move to the country…

1990-1995

Sewn to the Sky (1990)

Écouter les premiers disques de Smog peut s’avérer parfois être un véritable calvaire si on a découvert Bill Callahan par le biais de ses dernières œuvres: minimalistes, enregistrements lo-fi, riffs de guitares approximatifs et tout azimuts, manque de mélodies, morceaux ultra courts… Même si pas mal d’artistes sont passés par la case "lo-fi" avant de faire du folk, les premiers travaux de Smog sonnent de manière primitive pas par prétention, mais par obligation, n’ayant pas d’autres choix à l’époque de jouer de la musique. Pourtant, il serait bien dommage de passer outre ces titres qui sont de véritables pépites d’ingéniosité et à la qualité indéniable, évoquant énormément les disques du néozélandais Chris Knox (Callahan a d’ailleurs participé à un album hommage à ce grand petit bonhomme).

Cynthia Dall & Bill Callahan

Cynthia Dall & Bill Callahan

Des quatre cassettes auto-produites et éditées sur son propre label Disaster Records ("Macrame Gunplay", "A Table Setting", "Cow" et "Tired Taped Machine"), seules subsistent une existence des deux dernières, les autres étant introuvables, même sur les internets. C’est en 1990 que sort son premier véritable album, l’excellent, mais néanmoins claustrophobique "Sewn to the Sky" enregistré sur un portastudio de fortune, entre un séjour désastreux en Géorgie et la cave de ses parents en Maryland. À cette époque, Callahan ne s’attardait guère sur ce qui fera sa qualité première aujourd’hui à savoir les textes et vivait sans se soucier réellement de quoi demain sera fait, dormait énormément le jour et composait la nuit tombée. Une musique la plupart du temps improvisée et confinant parfois à la limite de l’absurde, une recette qu’il appliquera de nouveau sur "Forgotten Foundation" (1992), son premier disque sur Drag City, label auquel il est toujours fidèle aujourd’hui et le dernier à être enregistré chez lui. C’est durant cette même année qu’il débute sa première tournée. En 1993 il décide de franchir le pas des studios tout en gardant le contrôle total du processus avec "Julius Caesar" même si au final, malgré un bien meilleur son, cet opus est dans la directe continuité des précédents. Sur ce disque, il commencera à aborder l’un des thèmes qui lui est cher: l’amour brisé avec par exemple "Your Wedding" à propos du mariage de l’une de ses ex, promettant de se saouler à sa cérémonie ou "What Kind of Angel" :

She says she’s an angel / That’s not a woman at all
Well, what kind of angel / What kind of angel is that? [...]
It’s an angel of death / The angel of death / She’s gonna kill someone

Callahan déclarera bien plus tard que ses trois premiers albums étaient complément "naïfs".

Wild Love (1995)

Wild Love (1995)

C’est à ce moment-là que commence à participer sa petite amie d’alors, la regrettée et trop vite partie Cinthya Dall (avec qui j’ai eu le plaisir quelque fois de discuter football, c’était une fervente supportrice de Liverpool, sur Facebook) en chantant sur "Wine Stained Lips", face B de "A Hit" ou "Renee Died 1:45" sur l’électrique EP "Burning Kingdom" (1994), Callahan rendant l’appareil en participant sur l’indispensable album "Untitled" (1996) de Dall. À noter une collaboration assez anecdotique avec l’autre fer de lance du folk américain et compagnon de label, Will Oldham, qui aboutira d’un EP assez dispensable sous le nom de "The Sundowners". C’est finalement en 1995 que sort "Wild Love", considéré à juste titre comme l’un de ses meilleurs disques et toute première collaboration avec Jim O’ Rourke, association qui durera quatre albums durant jusqu’en 1999. Contenant son lot de classiques tels que le morceau titre, "It’s Rough", "Be Hit", "Prince Alone in the Studio" ou "Bathysphere" repris l’année suivante par Cat Power sur "What Would the Community Think", qui deviendra plus tard sa petite amie, mais nous y reviendrons plus tard…

Sélection de titres:
Fruit Bats [Sewn to the Sky, 1990]
Dead River [Forgotten Foundation, 1992]
Your Wedding [Julius Caesar, 1993]
My Shell (Electric Version) [Burning Kingdom, 1994]
Prince Alone in the Studio [Wild Love, 1995]

1996-2004

Kicking a Couple Around (1996)

1996 marquera une rupture et s’opère un changement quasi radical pour Smog puisque depuis cette année et jusqu’à aujourd’hui, il privilégiera les instruments acoustiques (il reviendra par moments à la guitare électrique même si c’est plus rare depuis quelques années). Au premier abord on peut croire qu’il y a un monde d’écart entre un disque brut de décoffrage tel que "Sewn to the Sky" à un opus aussi raffiné tel que "Dream River", mais on remarquera qu’il y a surtout ces récurrences qu’il gardera durant toute sa carrière, ce qui est somme toute assez remarquable: une absence totale d’artifices dans sa musique, la volonté d’aller droit vers l’essentiel – rares sont morceaux véritablement superflus de son répertoire – TOUJOURS cette habitude de vouloir répéter à plusieurs reprises les mots, son souci du détail sans que cela doit être rédhibitoire, ses textes épurés, à double sens de lecture et pleines de métaphores le faisant ainsi entrer dans la caste si particulière des artistes au style "littéraire".

The Doctor Came at Dawn (1996)

The Doctor Came at Dawn (1996)

C’est également durant cette période qu’il sortira coup sur coup trois de ses meilleurs disques, les trois marqués par le sceau de deux séparations douloureuses. Ainsi sur le crépusculaire EP "Kicking a Couple Around" (1996), produit par Steve Albini, Callahan se persuade toujours d’être toujours le petit ami (de Cynthia Dall) mais que cela ne signifie plus rien pour elle puisqu’elle a son "nouvel ami" ("Your New Friend" initialement enregistré pour une Peel Sessions), qu’il l’a vu sa main dans ses cheveux et qu’il essaye d’effacer de ses souvenirs, le sourire de son visage et se montre assez acerbe envers elle car pour lui, un baiser ivre, alcoolisé, n’est pas une réponse sur son affection réelle ("Back in School"). Quant à l’un de ses titres les plus emblématiques, le métaphorique et intense "I Break Horses" (les chevaux seront par la suite une obsession récurrente dans ses textes), il a été écrit afin d’aider une de ses amies qui voulait comprendre pourquoi un gars avec qui elle avait couché un soir n’a jamais voulu répondre à son appel le lendemain :

Just a few well-placed words / And their wandering hearts are gone [...]
At first her warmth felt good between my legs / Living breathing heart-beating flesh
But soon that warmth turned to an itch / Turned to a scratch / Turned to a gash
I break horses / I don’t tend to them [..]
Tonight I’m swimming to my favorite island / And I don’t want to see you swimming behind

La douleur ambiante se voit prolongée sur "The Doctor Came at Dawn", album hanté sorti la même année. Une collection de chansons sombres certes, mais qui voit le songwriting de Callahan arrivé à maturité et dont le point culminant reste sans nul doute le monument d’émotion et quelque peu dérangeant, "All Your Women Things" :

Why couldn’t I have loved you / This tenderly
When you were here In the flesh / So tenderly
How could I ignore / Your left breast / Your right breast
How could I ignore / Your hardness / Your softness / And your mercy
Well it’s been 7 years / And the thought of your name / Still makes me / Weak in the knees

“With ‘All Your Women Things’, I was trying to write a classic song about the end of love. A lot of what I was writing was trying to get away from platitudes, and be crude, the way crudeness is a good thing – a pure, unfiltered thought. Just trying to say something that means something and is true. R’n’B songs are very specific, as are older C&W songs. It’s in that tradition. The little details. Rock lyrics are more about fantasy, which I’m not really a part of" (Uncut – Mai 2010)

L’album se clôturant sur l’acapella et bien nommé "Hangman Blues", comme une résignation totale du condamné ou l’un des titres les plus claustrophobiques et dépressifs qui puissent exister…

Red Apple Falls (1997)

Red Apple Falls (1997)

A peine un an plus tard parait "Red Apple Falls", opus qui façonnera le son de Smog pour les disques à venir (cordes tendues, piano, violoncelles, instruments à vent) et que je considère personnellement comme son chef-d’œuvre absolu. De "Blood Red Bird" à "I Was the Stranger" en passant par "To Be of Use", les neuf titres que composent ce sixième album sont tous des classiques. Il est le fruit de l’idylle courte, improbable et tumultueuse entre Bill Callahan et Chan Marshall, histoire qui donnera naissance à deux très grands disques : "Red Apple Falls" donc pour lui, "Moon Pix" pour elle. Les deux auront vécu ensemble dans une ferme dans la Caroline du Sud loin de tout et Cat Power devait initialement arrêter toutes performances en public (on se souvient tous de ses concerts où elle pleurait en plein set dû à ses problèmes d’ordres mentaux et d’alcoolisme maladif). Le texte de "Inspirational", qui reste à ce jour ma chanson préférée de Smog toutes époques confondues, résume à lui tout seul cette relation :

If you’re living the unliveable / By loving the unloveable /
It’s time to start changing the unchangeable / By leaving the unleaveable [...]
If you’re living the unliveable / By loving the unloveable /
It’s time to start breaking the unbreakable / And replacing the irreplaceable

Il aura fallu près de dix années pour que Chan Marshall fasse fuir ses propres démons, (et pour être assez cynique c’est à ce moment que ses disques sont devenus chiants) et malgré les sentiments sincères que pouvait avoir Callahan à son égard – elle dira d’ailleurs qu’il aura été son premier véritable amour – il n’avait pas la capacité de l’aider à cette époque car il n’avait vraisemblablement pas encore trouvé la paix avec lui même (et elle ne semblait pas vouloir s’en sortir également).

Chan Marshall & Bill Callahan

Chan Marshall & Bill Callahan

En 1999 sort "Knock Knock" considéré comme l’album le plus populaire de Smog, "Cold Blooded Old Times" dans la B.O. de "High Fidelity" et "Held" dans une pub pour Cadillac -avec Bob Dylan ! – n’y sont clairement pas étrangers et est même d’ailleurs qualifié par l’intéressé comme un "disque pour teenager". Il s’agira de la dernière collaboration entre Bill Callahan et Jim O’ Rourke, mais surtout du premier à être enregistré avec l’aide d’un groupe. La pochette, une des plus affreuses que je connaisse, est semble-t-il une référence à Cat Power (chose qu’il démentira à plusieurs reprises). C’est durant la même année qu’il participe à la B.O. de Pola X de Leos Carax avec l’inédit "Extra Blues" vraisemblablement produit par nul autre que Scott Walker. En 2000 voit paraitre l’impeccable, l’expérimental et électrique "Dongs of Sevotion", non il n’y a pas d’erreur dans le titre c’est fait exprès, et reprendra par ailleurs la recette des chœurs du précèdent opus, mais en lieu et place d’enfants, utilisera cette fois-ci des cheerleaders sur l’incroyable "Bloodflow", titre galopeur qui n’aurait clairement pas dépareillé sur ses albums les plus récents. C’est par la suite que les choses se gâtent… En 2001, Callahan décide de composer un disque minimaliste (selon ses dires), mais mis à part l’excellent "Song", ou une tentative de sonner comme du John Lee Hooker, le reste est franchement peu inspiré et on entend clairement la fatigue dans sa voix. Bref "Rain on Lens" est sans doute de l’album le plus décevant de sa discographie. Il se rattrapera bien par la suite avec le très bon "Supper" (2003) contenant certes quelques moments de grâce ("Vessel in Vain" ou "A Guiding Light"), mais rien de véritablement original. On craint qu’il rentre désormais dans le rang de ces artistes éreintés, n’ayant plus cette capacité à se transcender ou sinon par à coup. Finalement, ce ne sera que partie remise…

Sélection de titres:
I Break Horses [Kicking a Couple Around, 1996]

All Your Women Things [The Doctor Came at Dawn, 1996]
Inspirational [Red Apple Falls, 1997]
Sweet Treat [Knock Knock, 1999]
Bloodflow [Dongs of Sevotion, 2000]
Song [Rain on Lens, 2001]
A Guiding Light [Supper, 2003]

Petite parenthèse: Mais qui est vraiment Bill Callahan ?

Billou qui sourit

Billou qui sourit

Un gars peu affable (et le mot est faible). Que ce soit les anecdotes racontées à son sujet ou les interviews accordées ci-et-là, il ne se montre jamais vraiment loquace et est souvent irascible et associable envers son interlocuteur, mais faisant néanmoins preuve de beaucoup d’humour et d’autodérision (un peu comme dans ses textes en somme) dans ses réponses. Par exemple lorsqu’on lui demande quelles sont influences, tout le monde s’attend à ce qu’il cite Jandek ou Nick Drake, lui rétorque sporadiquement qu’il écoute Marvin Gaye ou de la dub depuis une dizaine d’années. Voici quelques (succulents) extraits choisis afin de cerner le personnage:

What’s with the parentheses around your (Smog) moniker these days?
It means you’re supposed to whisper it.
Did you like school?
The first letter I learned to write was X. Then I began X’ing off the days left until I would graduate high school.
When is your birthday?
Early June.
What was the last day job you had? Assuming you don’t have one now…
I looked after a mentally disabled woman for a year. (Chan Marshall si tu nous regardes)
Do you have a middle name?
Rahr.
When watching Jeopardy on television, what would you say is your percentage of accurate answers?
99 percent.
There’s a lot of humor in your music that I think people fail to pick up on. Are there writers or songwriters you like that do black comedy well?
I don’t really separate things into black comedy. I thought Ice Cube gave a subtly great straightman turn in “Next Friday”
What is hell?
Dinner with an Englishman. The pickiest eaters on earth, with the blandest palates. They’d be happy if you just dumped some flour in a bowl with tepid water and gave them a spoon
What is your greatest fear?
Becoming interesting
Who is your all-time hero?
I am fond of Peter Falk
What’s the worst trouble you’ve ever been in?
I’m pretty good at not getting caught. Except sometimes I think life is like one big episode of Columbo. You know how he doesn’t appear in the first half of the show? I expect him to show up soon and stick around for a few decades getting me to confess
What is your greatest talent?
Keeping myself focused on a cause greater than myself
What can you cook?
I’m pretty good at heating up leftovers, but enough about my last album
If you were invisible for a day what would you do?
I would probably get on a plane and go someplace far away, slip through passport control unseen. I resent having to announce my arrival into a country. I like the idea of being somewhere where no one knows where I am. Or maybe I’d play a show and blow everyone’s mind. Booyah!
What are your three final wishes?
You mean final; before my death? I’d like a lifesize statue of my likeness made out of stone and placed on the ocean floor. Two: I’d like a nickname I felt good about. ‘Doctor Chumpstein’ just isn’t cutting it anymore. Three: to ride a kangaroo

2005-????

Joanna Newsom & Bill Callahan

Joanna Newsom & Bill Callahan

Joanna Newsom est une jeune harpiste à la voix atypique presque enfantine (elle n’a jamais vraiment pris de cours de chants), qui a notamment réalisée ses deux premières démos sur un enregistreur Fisher Price (!). C’est grâce à l’un de ses amis qui donnera l’un de ses cds à Will Oldham, qu’elle partira en tournée avec ce dernier et qu’elle signera sur Drag City en 2004. Rien ne semblait réunir Joanna Newsom et Bill Callahan, c’est un peu comme la belle et la bête, mais pourtant, grâce à cette nouvelle idylle, Callahan composera sans nul doute l’un de ses trois meilleurs albums. Éreinté par Chicago où il aura vécu cinq années durant, Bill décide du jour au lendemain de migrer à Austin au Texas, ville où il ne connaissait personne. Selon ses propres dires, il voulait repartir de zéro, faire le vide autour/et en lui et tout reconstruire, ce qui explique qu’il n’avait plus rien écrit depuis un long moment. Ne sachant réellement comment allait sonner son prochain album, c’est lors d’une discussion instructive avec ses parents qu’il eu une révélation:

"I’d started feeling that I was aware of this river inside me, and I started talking about that with my parents. I thought of this feeling of the river as being a problem. But my mother said, ‘Well, why don’t you just write about that?’ And it was like a gong going off. When they left, I wrote all these songs" (Uncut – Mai 2010)

A River Ain't Too Much to Love (2005)

A River Ain’t Too Much to Love (2005)

Enregistré dans le studio de Willie Nelson à Spicewood, Texas avec notamment la participation du batteur de Dirty Three et de Joanna Newsom au piano, le magnifique "A River Ain’t Too Much to Love" (2005) est clairement l’œuvre le plus intime de Smog. Bill Callahan ne s’était jamais autant livré et être aussi sincère envers lui, pour faire simple: il se met complètement à nu et semble désormais apaisé. Sur cet album, il évoque ainsi la nostalgie ("Drinking at the Dam", "Running the Loping"), la nature et sa passion pour les chevaux sur "Let Me See the Colts" ou bien la condition humaine avec "I’m New Here" (popularisé grâce à la reprise de Gil Scott-Heron cinq ans plus tard) ou sur le très personnel "Palimpset" :

Winter weather is not my soul / But the biding for spring… [...]
Like I’m a southern bird / That stayed north too long

Par ailleurs, sa musique évolue et semble désormais taillé pour les grands espaces texans, mais c’est aussi surtout un disque empli d’amour. De l’amour pour ses proches sur "Rock Bottom Riser" qui est une sorte d’hommage (ou de pardon ?) envers eux et semble s’être enfin trouvé après des années d’errance :

I love my mother / I love my father / I love my sisters too
I bought this guitar / To pledge my love / To pledge my love to you
I am a rock Bottom riser / And I owe it all to you

De l’amour également pour sa partenaire sur le sublime et je pèse mes mots, "Say Valley Maker" car là où il n’y a pas d’obstacles, il n’y a pas d’amour:

So bury me in wood and I will splinter
Bury me in stone and I will quake
Bury me in water and I will geyser
Bury me in fire and I’m gonna phoenix

Cela peut paraître étonnant d’utiliser le mot "phoenix" au lieu de résurrection mais c’est ici la preuve du songwriting de génie de Bill Callahan qui n’est désormais plus à prouver. La grande force de "Say Valley Maker" est surtout cette lente montée en tension durant toute la durée du titre jusqu’à ce que le rythme s’accélère au moment il énumère toutes les épreuves à endurer jusqu’à l’explosion finale lorsqu’il ressuscite.

Sometimes I Wish We Were an Eagle

Sometimes I Wish We Were an Eagle (2009)

C’est en 2007 que Bill Callahan décide de sortir finalement ses albums sous son véritable nom ("A River Ain’t Too Much to Love" aurait très bien pu en faire partie puisqu’il est initiateur du fil conducteur des disques à venir). Rien que par son titre, "Woke on a Whaleheart" évoque son histoire d’amour avec Joanna Newsom:

"I mean, I’ve been in love… it’s not like it was the first time. I was just feeling more open. With the title, I was trying to describe that. Like when you’ve been asleep and you wake up on this huge heart. That’s what I was feeling. I tried to make releasing it under my own name a big change." (Uncut – Mai 2010)

Personnellement, je le considère comme un bon disque (bien qu’il soit presque "joyeux !) avec quelques titres marquants même si on a le droit de s’attendre à mieux de sa part. Un Bill Callahan amoureux transi est-il foncièrement inintéressant ? "Heureusement" que cela ne durera pas trop longtemps puisqu’il mettra fin à sa relation avec Joanna Newsom la même année… Et malgré cela, l’album suivant, le chef-d’œuvre "Sometimes I Wish We Were an Eagle" (2009) n’est pas hanté par le spectre de la séparation, Bill n’a aucunement envie de se morfondre et ne tombe pas dans la sinistrose, chose qu’on aurait pu "enduré" une dizaine d’années auparavant sur un disque de Smog. Signe de maturité ? Pas vraiment selon lui car il rejette sans vergogne le mot "mature", qu’il déteste, en prétextant que cela déprécie la valeur de ses précédents travaux. Sur cet opus, il y a toujours cette voix baryton et marquée, mais Bill semble être enfin apaisé, et plutôt que de subir, préfère porter un regard doux-amer, sur le passé:

I used to be darker / Then I got lighter / Then I got dark again (Jim Cain)

Toujours doté d’un sens du détail bluffant dans son storytelling, l’album peut être d’une incroyable légèreté ("The Wind and the Dove", "Rococo Zephyr"), comme il peut être extrêmement tendu par moment (l’humour noir de "Eid Ma Clack Shaw", "My Friend", le superbe "All Thoughts Are Prey to Some Beast"). Et puis il y a ce monument de sobriété (pléonasme non ?) qu’est "Too Many Birds", qui est encore une fois une interrogation sur la condition humaine et que beaucoup considèrent à juste titre, comme l’un des meilleurs morceaux de son répertoire dû à son final de toute beauté où Bill Callahan construit mots par mots une phrase pyramidale prête à vous terrassée à tout moment:

If…
If you…
If you could…
If you could only…
If you could only stop…
If you could only stop your…
If you could only stop your heart…
If you could only stop your heart beat…
If you could only stop your heart beat for…
If you could only stop your heart beat for one heart…
If you could only stop your heart beat for one heart beat.

Le disque se terminant sur "Faith/Void" (durant près de 10 minutes), un véritable manifeste sur le rejet de Dieu que Callahan a écrit suite à ses nombreuses fois où on lui posait la question afin de savoir s’il était quelqu’un de spirituel et ne savait vraiment quoi dire. Même s’il avait déjà quelques bribes de réponses, il commença à réaliser qu’il devait trouver SA propre vérité :

It’s time to put God away (I put God away) [...]
For a void without a question is just perverse
This is the end of faith, no more must I strive / To find my peace, to find my peace in a lie

Apocalypse (2011)

Apocalypse (2011)

En 2010 sort son premier live, "Rough Travel For a Rare Thing" (enregistré en 2007 en Australie, ce qui explique qu’il n’y a aucun titres de "Sometimes I Wish We Were an Eagle"), mais surtout un recueil de nouvelles "Letters to Emma Bowlcut" publié par Drag City. N’ayant pas eu l’objet entre les mains, je ne pourrais pas vous donner un avis, mais je pense cependant le commander un jour ou l’autre. L’année suivante parait "Apocalypse", un opus assez court (un peu plus que 40 minutes). Bill Callahan semble être obnubilé par cette idée d’Apocalypse et donne l’impression qu’il joue sa vie sur chaque titre, en témoigne le premier morceau "Drover" tout simplement parfait pour une chevauchée à travers les plaines, comme une sorte d’hommage exalté aux fermiers et paysans (une comparaison avec Neil Young ne serait pas si fortuite que ça d’ailleurs). Il pose également un regard critique sur son pays (l’ironique "America!" ou "Universal Applicant"), se veut pessimiste sur "Baby’s Breath" (est-ce à propos de Joanna Newsom ?) et n’oublie pas la fibre lacrymale avec le déchirant "Riding for the Feeling" ou la seule solution de passer à autre chose est de "chevaucher ses sentiments":

It’s never easy to say goodbye to the faces
So rarely do we see another one, so close and so long
I asked the room if I’d said enough, no one really answered
They just said, "Don’t go, don’t go, don’t go, don’t go"

Le disque se terminant "One Fine Morning" comme un constat d’un lendemain d’Apocalypse :

Just me and the skeleton crew / We’re gonna ride out in a country kind of silence [...]
When the earth turns cold / And the earth turns black / Will I feel you riding on my back?

Callahan récitant par ailleurs un obscur psaume: ("My apocalypse / DC 4 5 0/ DC 4 5 0") qui est en fait… la référence de l’album sur Drag City. Et oui quel malin ce Billou !

Dream River (2013)

Dream River (2013)

C’est début 2013 que parait le très beau bouquin illustré, "The Life and Times of William Callahan" (seulement limité à 500 exemplaires) de Chris Taylor coïncidant avec le magnifique documentaire "Apocalypse: A Bill Callahan Film Tour" réalisé par sa future femme Hanly Banks et plébiscité dans plusieurs festivals. Et c’est donc le 17 septembre dernier que sortait officiellement "Dream River", quinzième album studio de Bill Callahan, le quatrième sous son véritable nom. Aussi court que son prédécesseur car frisant à peine les quarante minutes, il surprend par sa sérénité ambiante, une douceur palpable sur toute la longueur du LP et son incroyable sensualité (oui oui). Cependant, le disque débute avec cette situation minutieusement détaillée – dont le phrasé est étrangement ressemblant à celui de Bob Dylan sur le dernier couplet – et à la limite de l’ubuesque qu’est "The Sing" :

Looking out a window that isn’t there / Looking at the carpet and the chairs
Well the only words I said today are "beer" and "thank you" / Beer, thank you
Beer, thank you / Beer… [...]
I’ve got limitations like Marvin Gaye / Mortal joy is that way

Citer Marvin Gaye n’est pas du name dropping de sa part, lui qui a souvent parlé de sa passion pour la soul music, "Here, My Dear" du maître est l’une de ses obsessions récentes, et ce nouvel album est clairement imprégné de cette influence. Bill Callahan est semble-t-il de nouveau amoureux (de Hanly Banks donc avec qui il va se marier, oui vous avez bien lu "M.A.R.I.E.R" !) et "Dream River" est sa déclaration envers sa dulcinée. Ce disque se veut être une métaphore sur cette idylle, une histoire se déroulant une année durant où l’on voit défiler les saisons ("Spring", "Summer Painter", "Winter Road") et suivre l’évolution des relations des deux protagonistes, ainsi le rafraichissant "Javelin Unlanding" – dont la version dub a été remixée par Billou himself – est comme une sorte échappatoire vers l’inconnu(e), vouloir tout quitter malgré une crainte naturelle et justifiée:

You looked like worldwide armageddon while you slept / You looked so peaceful, it scared me
Don’t die just yet and leave me / Alone, alone, alone / On this journey round the sun [...]
Bam bam bam! The earth off its axis / The first draft’s in ashes and smeared on our faces

Bill Callahan fait donc preuve de sensualité avec "Spring", comme un véritable appel de la chair où s’entrechoquent "les saisons et les mondes", et le suggestif, mais néanmoins superbe "Ride My Arrow" ("Do you know this arrow when it arches high / To meet the eagle in the sky?"). Ces deux titres c’est un peu comme si Gil-Scott Heron (la boucle est bouclée) reprenait du Terry Callier, l’apport de la flûte traversière n’y est sûrement pas étranger.  La suite se veut plus sombre avec "Summer Painter" et "Seagull" ("I wonder if I’ll ever wake up / I mean really wake up / Wake up and wake you too / First thing that I will do, I will wake you too") même si au final l’album se termine sur "Winter Road", comme une note d’espoir sur cette idylle naissante. Reste ce réel moment d’intimité et de sincérité de toute beauté qu’est "Small Plane":

You used to take me up / I watched and learned how to fly [...]
Sometimes you sleep while I take us home / That’s when I know / We really have a home [...]
I like it when I take the controls from you / And when you take the controls from me
I really am a lucky man / Flying this small plane…

Sélection de titres:
Rock Bottom Riser [A River Ain’t Too Much to Love, 2005]

Honeymoon Child [Woke on a Whaleheart, 2007]
Too Many Birds [Sometimes I Wish We Were an Eagle, 2009]
Riding for the Feeling [Apocalypse, 2011]
Small Plane [Dream River, 2013]

Vingt-cinq ans de carrière, soit un quart de siècle d’une discographie irréprochable et pratiquement sans faille. On m’a souvent vanté les mérites de songwriters qui ont certes du talent, mais qui m’ont toujours laissé de marbre alors que c’est exactement le contraire avec Bill Callahan : car si j’ai l’impression d’être vivant en l’écoutant c’est parce que ses disques le SONT. Peut-être qu’un jour les gens s’apercevront qu’il est l’égal d’un Leonard Cohen, Lou Reed, Neil Young ou Bob Dylan ? Et quand ce jour viendra, le monde ira sûrement un peu mieux…

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SMOG
1988 – Macramé Gunplay [Cassette]
1989 – Cow [Cassette]
1990 – A Table Setting [Cassette]
1990 – Tired Tape Machine [Cassette]
1990 – Sewn to the Sky [Album]
1991 – Floating [EP]
1992 – Forgotten Foundation [Album]
1993 – Julius Caesar [Album]
1994 – Burning Kingdom [EP]
1995 – Wild Love [Album]
1996 – Kicking a Couple Around [EP]
1996 – The Doctor Came at Dawn [Album]
1997 – Red Apple Falls [Album]
1999 – Knock Knock [Album]
2000 – The Manta Rays of Time [EP]
2000 – Dongs of Sevotion [Album]
2000 – Strayed [EP]
2000 – ‘Neath the Puke Tree [EP]
2001 – Rain on Lens [Album]
2002 – Accumulation : None [Compilation]
2003 – Supper [Album]
2005 – A River Ain’t Too Much to Love [Album]
BILL CALLAHAN
2007 – Woke on a Whaleheart [Album]
2009 – Sometimes I Wish We Were an Eagle [Album]
2010 – Rough Travel For A Rare Thing [Live]
2011 – Apocalypse [Album]
2013 – Dream River [Album]