BLUT AUS NORD – Memoria Vetusta III : Saturnian Poetry

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Année 2014
Pays France
Label Debemur Morti
Genre Au-dessus de tout

L’intitulé de l’article est légèrement trompeur puisque cela fait quelques temps que j’avais en tête de rédiger un dossier complet à propos de Blut aus Nord et la sortie du tant attendu « Memoria Vetusta III : Saturnian Poetry » était l’occasion rêvée de pouvoir parler en long, en large et en travers sur le plus grand groupe au monde actuellement… (Toutes les images qui illustrent ce dossier font partie de mes scans personnels)

Aussi loin que je m’en souvienne et si ma mémoire ne me fait pas défaut, il me semble avoir découvert Blut aus Nord en 2001 par l’entremise du catalogue Adipocere – un des plus réputés disquaire metal extrême français depuis 1992 – alors offert avec le magazine Metallian, seule revue hexagonale consacrée au black metal qui a énormément contribué à mon éducation de blackeux et dont j’attendais religieusement chaque parution trimestrielle. Pour en revenir à cette brochure, une de ses particularités étant qu’après chaque référence d’un disque, il y avait toujours un commentaire des plus burlesques afin d’en vanter les mérites et il n’était pas étonnant de se retrouver avec une accroche du type « Techno death thrash taïwanais ! Excellent !!! » … Et j’exagère à peine… Mais je remarquais surtout un encart dédié aux disques d’Oaken Shield – anciennement connu sous le nom de Chanteloup Creations dans les années 90 – éphémère sous label d’Adipocere qui en ce peu laps de temps (de 2001 à 2005) aura accueilli en ses rangs quelques grands noms du black metal français tels que Crystalium, Mystic Forest, Temple of Baal, Nehëmah et donc Blut aus Nord.

Je fus ainsi interpellé par la pochette énigmatique de « The Mystical Beast of Rebellion » de ces derniers et pour être franc, je n’avais jamais entendu parler du groupe auparavant, qui avait fait un hiatus long de cinq années, et décide néanmoins de me le procurer et là c’est la claque : un monolithe de noirceur absolue renvoyant directement au « A Blaze in the Northern Sky » de Darkthrone paru en 1992, première œuvre majeure du black metal moderne qui influencera plus de 80% de la scène avec cette fameuse prod’ necro, surtout fascinant pour cette utilisation des murs de sons de guitares, semblable à ce que faisait My Bloody Valentine (ce qui a valu d’ailleurs quelques comparaisons entre l’album des norvégiens et « Loveless », les deux étant sortis à quelques mois d’intervalle) et dont BaN a décidé d’en suivre la voie – du moins sur cet album – mais de manière encore plus jusqu’au-boutiste. Qui penserait que treize années et une quinzaine de disques plus tard, le groupe atteindrait un tel niveau qu’il n’a aujourd’hui aucun égal ? Sûrement Vindsval…

Ce n’est qu’en 2005 que je découvre enfin « Ultima Thulée » et « Memoria Vetusta I: Fathers of the Icy Age » réédités par leur nouveau label, les anglais de Candlelight, et je dois avoué qu’il m’aura fallu un peu de temps avant de les apprécier à leur juste valeur, peut-être parce que « The Work Whichs Transforms God » (d’abord sorti sous le label de Vindsval « Appease Me… ») et « Thematic Emanation… » étaient passés par là. Je ne remettais aucunement en cause leurs qualités, mais les disques précités ont quelque peu façonnés le son moderne de Blut aus Nord auquel je m’étais habitué : un BM industriel aux guitares dissonantes. Avec « Ultima Thulee » (1995), BaN nous propose un black metal glacial, hypnotique et minimaliste – voire même squelettique – faisant ainsi la part belle aux synthés, comme un chaînon manquant entre les œuvres de Quorthon et du Count Grishnack, quant à « Memoria Vetusta I : Fathers of the Icy Age » (1996) il s’avère grandiose et majestueux – maître mot de la série des M.V. – mélodique et symphonique, superbe hommage rendu à la période viking de Bathory et je le considère encore aujourd’hui comme l’un des tous meilleurs disques du groupe. Difficile de croire qu’une seule année sépare entre la sortie de ces deux opus, car si le premier avait un côté légèrement candide (ce qui n’est pas un reproche de ma part), on est impressionné par la maturité qui émane du second et ce qui est encore plus incroyable dans tout cela, la légende veut que Vindsval n’avait qu’entre 15 et 16 ans lorsqu’il les a composés…

De 2003 à 2009, Blut aus Nord aura acquis une « notoriété » certaine (les disques de Candlelight étant particulièrement bien distribués aux Etats-Unis), tout en se mettant à dos une frange de puristes dû aux déclarations parfois cinglantes de Vindsval à leur égard – et  le black metal en général – mais surtout pour les expérimentations du groupe qui conviennent très peu au traditionalisme de certains et dont l’ultime insulte à leur yeux maquillés de khôl est sans nul doute « MoRT » (2006), disque claustrophobique et rampant dans la crasse, une expérience cauchemardesque de drones ambient vomitifs et de guitares dysharmoniques, dissonantes et désaccordées. Il reste à ce jour comme l’album le plus radical et le plus difficile d’accès de leur discographie (même si Vindsval déclarera par la suite qu’il pouvait aller encore plus loin dans l’extrême et on le crois volontiers). Je comprends leur point de vue, aimant davantage le trve black old school que tout ce qui est « avant-garde » qu’à une certaine époque, et honnissant tous ces disques blackmetalshoegazemescouilles aux influences mal digérées afin de masquer un manque de talent et d’honnêteté, alors que la démarche de BaN à toujours été sincère, se renouvelant ainsi perpétuellement (ils n’ont JAMAIS fait deux fois le même disque), déconstruisant le black metal pour en faire une chose encore plus malsaine et insidieuse et qui n’est en aucun cas de la masturbation intellectuelle – puisque beaucoup confondent expérimentations et intellectualisation – car sinon je trouverais cela tout simplement insupportable.

C’est en 2009 que parait finalement « Memoria Vetusta II: Dialogue With the Stars » actant par ailleurs la fin de l’aventure Candlelight afin de signer chez les français de Debemur Morti, et l’on se dit qu’avec cette notoriété acquise au fil des années, partir d’une grosse structure pour une maison de disque plus confidentielle peut être considéré comme une décision surprenante, mais ô combien exaltante, car Debemur Morti est sans nul doute l’entité idoine qui pouvait procurer une liberté d’action totale à Vindsval, un label dont on a toujours loué le travail sincère et passionné depuis de nombreuses années. Est-ce donc là le fameux esprit indie que beaucoup se réclame et que finalement peu respecte ? Je crois que oui… Et l’histoire leur donnera raison, puisque cette association aura été bénéfique aussi bien pour l’un que pour l’autre, car là où Debemur Morti aura eu une exposition de premier plan avec la signature de Blut aus Nord attirant ainsi de talentueux groupes autre que black metal (du sludge avec Year of No Light ou Dirge, des projets plus expérimentaux avec Lethe ou Manes, du dark folk avec Tamerlan ou les mythiques In the Woods… tout récemment), devenant ainsi l’un des plus grands labels de musique underground aujourd’hui, Vindsval à quant à lui clairement atteint une plénitude artistique, se surpassant disque après disque (une dizaine en quatre ans !), sans baisse de qualité aucune et on se demande à chaque fois jusqu’où pourra-t-il aller. La sortie de « Memoria Vetusta III: Saturnian Poetry » nous apportera sans nul doute quelques réponses à nos interrogations…

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1994 – IN THE NIGHTSIDE ECLIPSE / 2014 – MEMORIA VETUSTA III: SATURNIAN POETRY
Annoncé en mai 2013, ce qui en étonna plus d’un, car Memoria Vetusta ne devait être composé que de deux actes tel qu’indiqué dans le livret de « The Fathers of the Icy Age » (tout en précisant que ce n’était pas une trilogie ce qui veut sans doute dire qu’il y aura d’autres épisodes à venir), ce nouveau volet était énormément attendu puisque même ceux qui décrient aujourd’hui Blut aus Nord restent admiratifs de la série des M.V., comme quoi, détracteurs et adorateurs ne peuvent que tomber d’accord sur le talent indéniable de Vindsval… Qui plus est, tous se demandèrent comment allait sonner cet opus avec la participation d’un véritable batteur – une première dans l’histoire du groupe – en la personne de l’italien Gionata Potenti aka Thorns (qui était cependant déjà présent sur l’excellent split « Triunity » de Blut aus Nord/P.H.O.B.O.S. paru plus tôt cette année) et c’est toujours avec des frissons quand je décide de commencer pour la première fois l’écoute d’un nouvel album de BaN. À peine la courte intro « Prelude » passée, sorte de communion mystique avec la nature afin de nous plonger dans l’ambiance, que débarque immédiatement « Paien » et là on se trouve en terrain connu, on a bel et bien affaire à un volet de Memoria Vetusta : rythme effréné et rageur, beaucoup plus mélodique qu’à l’accoutumée avec un gros rendu sur les synthés et bien entendu ce chant clair « pagan » qui était réapparue entre temps sur « Cosmosophy » (2012). Ce qui détonne par rapport au précédent chapitre, c’est qu’il s’avère beaucoup plus organique – sûrement dû à la batterie donc – car il y avait sur « Dialogue With the Stars », le son industriel de la boîte à rythme typique de BaN à l’époque qui pouvait en gêner certains (ce qui n’était pas vraiment mon cas). Ce « Saturnian Poetry » se veut extrêmement tendu et n’ayant que très peu de temps mort (l’épique « Henosis » et son final absolument grandiose, « Metaphor of the Moon » constamment sur le fil du rasoir), les vocaux étant également moins mixés en avant afin de mettre en valeur le travail sur les ambiances et il ne possède quasiment aucun passages acoustiques (mis à part un très court sur « Forhist »), qui est pourtant l’un des éléments récurrents de la série. J’ai beau connaitre tous les disques du groupe par cœur, les écouter des centaines de fois, Vindsval arrive encore à me surprendre, moi le blasé de tout, en composant des choses qu’il n’avait jamais réalisé auparavant à l’instar de l’introduction épique de « Tellus Mater » propre au viking/pagan folk metal. L’album se concluant en apothéose avec l’incandescent « Clarissima Mundi Lumina » et je pense que je n’aurais pas assez de superlatifs pour qualifier ce titre, peut-être l’un des meilleurs (pléonasme) jamais enregistrés par le groupe. J’ai écouté au bas mot près de deux milles disques de black metal en quinze ans et peu finalement arrivent au niveau de la majestuosité d’un disque mythique sorti vingt années plus tôt, « In the Nightside Eclipse » d’Emperor et pourtant, Blut aus Nord réussit le mince exploit d’y parvenir rien qu’avec ce morceau (impression renforcée par la superbe pochette de Necrolord, qui avait déjà dessiné celle de l’album susnommé). Enfin je me trompe, je n’aurais pas dû écrire « réussit le mince exploit d’y parvenir » puisque Vindsval nous a habitué à un tel génie, que cela ne devrait même plus m’étonner…

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Oui il tardait à venir et était sur le bout des lèvres, ce mot si souvent galvaudé est enfin lâché. Des génies, je considère qu’il n’y en a très peu dans la musique moderne et quasiment aucun dans le black metal (bon même temps ce n’est pas vraiment ce qu’on demande dans ce genre). Varg Vikernes avait du génie avant de se perdre pour diverses raisons, Vindsval en est un et cela fait vingt ans qu’il nous le prouve. L’un de ses traits de génie réside sur ce même riff hypnotique qu’il joue depuis deux décennies qu’il en devient obsédant et traumatisant : il ne le répète pas, il le décline à l’infini sans lasser un seul instant. Il n’y a pas de définition exacte de génie musical, chacun y va bien entendu de sa propre interprétation cependant, beaucoup s’accorde à dire qu’un génie est un créateur, un innovateur ou un visionnaire (ou les trois à la fois comme Vindsval), et surtout quelqu’un qui doit composer sans cesse, ce qui pourrait être assimilé à tort à du stakhanovisme, terme gonzo – presque insultant – car enchaîner les sorties à un rythme parfois excessif, chose assez fréquente dans le BM, se fait souvent au détriment de la qualité ce qui n’est nullement le cas avec Blut aus Nord, car parmi tous les artistes que je connaisse, il s’agit de l’un des seuls groupes en vingt ans à n’avoir pas eu une seule fausse note dans sa discographie. Qui aujourd’hui peut se targuer d’une telle chose ? Les temps sont différents et aucune comparaison n’est possible, il y a évidemment eu des groupes et des artistes qui ont dominé leurs époques respectives et ce sur une dizaine ou quinzaine d’années qui ont eu des creux à un moment ou un autre et de nos jours, il est extrêmement difficile de rester en haut de la chaîne alimentaire et la plupart ronronnent, préfèrent se reposer sur leurs acquis sur la foi d’un ou de deux bons albums sans vouloir se renouveler. Je ne cherche absolument pas à savoir pourquoi untel a fait ce disque que je n’arrive pas à apprécier puisque de toute manière il restera pourri et je ne me suis jamais privé de dire que des artistes que j’adore ont fait de mauvais albums (cependant Blut aus Nord semble être hors catégorie), alors que certains y verront une soi-disante « remise en cause artistique ». Pour ma part, je pense qu’il est possible de faire la part des choses et être objectif en musique, même si ce mot semble être inexistant dans le vocabulaire de beaucoup de monde. Je ne peux pas être un fan ou avoir une idole intouchable que je mets sur un piédestal, être passionné oui, mais pas jusqu’à l’aveuglement, c’est manqué de recul et de discernement. On peut aimer ou non un disque, mais finalement beaucoup le font pour de mauvaises raisons et ne sont pas honnêtes envers eux-mêmes.

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Je ne dirais pas grâce, mais plutôt à cause d’internet, il y a désormais TROP de musique, TROP de groupes qui se ressemblent et surtout beaucoup n’ont aucune ambition (ben oui à quoi cela servirait-il ?). Combien d’artistes intéressants dans cette overdose de sorties ? Un sur dix ? Cinquante ? Cent ? Quel intérêt ? On est tellement nivelé vers le bas à présent, que les gens se sont habitués à la médiocrité et qu’il suffit qu’un disque soit à peine passable pour que tous s’extasient. Et comme le dit si bien Debemur Morti : « La consommation de masse gangrène tous les milieux, tous les secteurs. […] Si les labels avaient fait leur travail correctement en ne sortant que ce qui méritait de sortir et d’être distribué il y aurait beaucoup moins d’albums sur le marché tous les mois et chacun d’entre eux se vendrait mieux. En fait les labels ont imposé à leurs meilleurs groupes une concurrence massive et bas de gamme. ». Aujourd’hui, beaucoup de passeurs ne servent à rien, si ce n’est que cette recherche perpétuelle de la nouveauté aboutira de toute manière au néant une semaine plus tard et qui plus est, parle généralement d’un album qu’il n’a pas payé et même si il ne l’apprécie pas, arrondira les angles ou usera de flagornerie – on est pas loin du rôle de bouffon du roi – dans sa chronique afin de ne pas froisser l’artiste ou le label qu’il a ajouté sur les réseaux sociaux. N’est-il pas plus gratifiant d’être curieux que de suivre les conseils des parangons du bon goût ? Eux qui passent leur temps à dénigrer tout ce qui ne font pas partie de leur chapelle. Je ne parle pas d’éclectisme – préférant à cela le terme d’ouverture musicale – qui est un mot fourre-tout aussi débile que la phrase « j’écoute de tout » parce que le fait de posséder dans ta bibliothèque itunes des morceaux de Death Grips ou de Deafheaven ne fait pas quelqu’un de toi d’éclectique, mais principalement pour une personne qui a vraiment des goûts de chiotte.

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À une époque où on est censés faire preuve d’ouverture, qu’on a l’information à portée de main, les gens sont devenus de plus en plus stéréotypés et prévisibles, et afin de ne pas êtres classés dans certaines catégories préfèrent se créer des sous genres, s’intéressent principalement à ce qu’il y a autour de l’artiste – en bien ou en mal – et en oublient carrément le plaisir immédiat d’écoute. Comme dit le célèbre adage il y a deux sortes de musique : la bonne et la mauvaise et plutôt que de me fier aux avis fielleux de certains, j’ai toujours éprouvé beaucoup plus de plaisir à assouvir ma soif de curiosité et à ne jamais renier une musique aussi rejetée soit-elle, car il n’y a pas de style meilleur qu’un autre. Je pense que 3/4 de ce qui sort en musique de nos jours a déjà été réalisé en mieux auparavant, ce n’est pas être rétrograde de dire ça, c’est juste qu’aujourd’hui, les groupes ne font que reprendre les recettes des aînés sans chercher a avoir une once de créativité ou sont trop frileux (si au moins il y avait le talent..), et il est frustrant que beaucoup n’ont pas ce désir de curiosité, préférant consommer – et non écouter – la plupart du temps la musique micro-ondable qu’on leur sert sur un plateau (un peu comme quand on a ses habitudes à la cantine dégueu et qu’on se persuade à force que c’est bon). Ainsi, Vindsval déclarait que refaire ce qui a déjà été fait n’a clairement aucun intérêt et que tout artiste qui se respecte cherche à créer, à surprendre et à se surprendre soi-même, pas à copier ce qui existe déjà tout en rajoutant « Mon choix est vite fait et se porte évidemment sur l’original, la copie ne sert à rien. » Il s’agit d’un point de vue dont je partage entièrement avec lui, même si je l’avoue, certaines copies peuvent s’avérer parfois intéressantes, mais rarement sur le long terme. Malgré certaines influences, peut-on dire que Blut aus Nord copie ? Non. Est-ce qu’il existe au monde un groupe qui leur ressemble surtout dans un milieu aussi pillé et codifié que le black metal ? Non plus.

Après ma critique dithyrambique de « Cosmosophy » en 2012, j’étais persuadé que BaN ne pouvait rien apporter de plus tant la trilogie 777 , sans nul doute l’une des plus grandes jamais composées dans l’histoire de la musique contemporaine, avait atteint un tel degré de perfection et paraissait à tout point de vue inégalable (ce qui est toujours le cas pour la concurrence de toute manière), or j’avais tout faux, car en plus d’être l’un des artistes les plus fascinants de ces vingt dernières années, la créativité de Vindsval ne semble avoir définitivement aucune limite et « Memoria Vetusta III: Saturnian Poetry » est encore un chef d’oeuvre de plus à ajouté à cette longue lignée. Et qu’on a beau s’appeler Michael Gira et avoir réussi un retour phénoménal avec ses cygnes depuis quelques temps ou être l’association la plus attendue 2014 avec Scott Walker et Sunn O))), rien n’y fait, car aussi immenses sont ces disques, quand Blut aus Nord en sort un, il se retrouve généralement propulsé en haut du classement des meilleurs albums de l’année confirmant que le groupe n’a aucun concurrent direct… Et cela fait un moment que ça dure…

DISCOGRAPHIE
1995 – Ultima Thulée [Album – Impure Creations Records]
1996 – Memoria Vetusta I: Fathers of the Icy Age [Album – Impure Creations Records]
2001 – The Mystical Beast of Rebellion [Album – Oaken Shield]
2003 – The Work Which Transforms God [Album – Appease Me…]
2004 – Decorporation… [Split avec Reverence – D.U.K.E.]
2005 – « Thematic Emanation of Archetypal Multiplicity » (Soundtracks for Scientists of Occult Synchretism) [EP – Candlelight]
2006 – MoRT (Metamorphosis of Realistic Theories) [Album – Candlelight]
2007 – Odinist – The Destruction of Reason by Illumination [Album – Candlelight]
2007 – Dissociated Human Junction [Split avec Bloodoline, Reverence & Karras – Panik Terror Musik]
2009 – Memoria Vetusta II: Dialogue with the Stars [Album – Candlelight]
2010 – What Once Was… Liber I [Album – Debemur Morti]
2011 – 777 – Sect(s) [Album – Debemur Morti]
2011 – 777 – The Desanctification [Album – Debemur Morti]
2012 – What Once Was… Liber II [Album – Debemur Morti]
2012 – 777 – Cosmosophy [Album – Debemur Morti]
2013 – What Once Was… Liber III [Album – Debemur Morti]
2014 – Debemur MoRTi [EP – Debemur Morti]
2014 – Triunity [Split avec P.H.O.B.O.S – Debemur Morti.]
2014 – Memoria Vetusta III: Saturnian Poetry [Album – Debemur Morti]

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